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Wednesday, November 25, 2015

Interview of Axelle Lemaire on ".wine" domain names (in French)

Mobilisée aux cotés des vignerons pour défendre la protection des Indications Géographiques (IG) sur internet dans le cadre de l’ouverture des noms de domaine « .vin » et « .wine », Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique est intervenue le 24 novembre dernier à l’Assemblée Générale de la CNAOC. Dans une interview accordée à la CNAOC, elle revient sur les dossiers en cours : « .vin » et « .wine », nouveau cycle d’ouverture de noms de domaine et développement numérique de la viticulture.

Le lancement officiel des nouvelles extensions « .vin » et « .wine » aura lieu le 27 janvier prochain. Vous vous êtes fortement mobilisée sur ce dossier aux cotés des viticulteurs. Pourriez-vous revenir sur les étapes importantes de la mobilisation ? Avec quelles organisations avez-vous travaillé pour renverser la décision de l’ICANN ?

La reconnaissance par l’ICANN des indications géographiques dans l’attribution des extensions « .vin » et « .wine » est le fruit d’une intense mobilisation internationale, à laquelle l’Union Européenne et la France ont pris une part déterminante.

Début avril 2014, la Commission européenne, la France associée à plusieurs pays du GAC, qui représente les gouvernements des pays au sein de l’ICANN, et plusieurs organisations représentatives de la filière viticole ont fortement critiqué la décision de cette structure d’attribuer ces extensions sans aucun respect des indications géographiques. Cette mobilisation internationale, à laquelle j’ai pris une part active dès mon arrivée au gouvernement, a conduit l’ICANN à repousser une première fois l’attribution de ces noms de domaine.

Enregistrez vos ".vin" et ".wine"
Lors d’une réunion de l’ICANN à Londres du 22 au 26 juin 2014, j’ai personnellement demandé la suspension de l’attribution de ces adresses tant qu’aucune garantie ne serait apportée sur le respect des origines géographiques de nos vignobles. J’ai par ailleurs annoncé que la France serait contrainte de quitter la table des négociations sur la réforme de l ’ICANN si les extensions « .vin » et « .wine » étaient attribuées sans garantie du respect des origines géographiques de nos vignobles.

La France a notamment lié ce dossier aux négociations en cours sur le traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Il nous apparaissait déplacé que l’ICANN, instance technique de l’internet, demeure seule à décider sur des enjeux commerciaux majeurs, ce qui lui donne un rôle politique ambigu et peu transparent. Associés aux autres pays européens producteurs de vin, et aux représentants des filières viticoles, nous avons fait pression pour que l’UE s’engage à appliquer la législation européenne contre toute usurpation ou imitation en ligne des indications géographiques protégées.

A la suite de la réunion de Londres, l’ICANN a pris le temps de la concertation et nous a rassurés sur son souhait de trouver une solution acceptable par tous. Après le désistement de deux des trois candidats aux extensions .vin et .wine, les représentants des viticulteurs, au premier rang desquels figurait la CNAOC, sont entrés en phase de négociation avec l’ICANN et Donuts pour formaliser un accord.

Cet accord a été trouvé mi-2015 et a permis l’engagement d’une procédure d’ouverture des extensions qui tient compte des intérêts des professionnels.

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L’ICANN prévoit d’ores et déjà de lancer un nouveau round d’ouverture de noms de domaine. La protection des indications géographiques n’est pour l’instant toujours pas prise en compte. Quelle est la stratégie du gouvernement français et plus largement de l’Europe pour faire évoluer les règles d’ici là ?

Nous avons gagné une première bataille autour des extensions « .vin » et « .wine », mais le combat mené par la France pour une réforme de l’ICANN, notamment dans le sens d’une prise en compte globale des appellations d’origine, est loin d’être terminé.

Ce qu’on a vu avec le .vin/.wine, c’est que les règles de l’ICANN ne prennent pas assez bien en compte les intérêts des autres professions. L’ICANN est une organisation qui gère les ressources de l’internet : ces ressources sont utilisées par tous les secteurs économiques mais leur gouvernance est contrôlée par un petit nombre de professionnels de l’internet. De plus, la gouvernance de cette organisation a beaucoup de progrès à faire pour gagner la confiance de l’ensemble des acteurs économiques.

Je serai très vigilante sur l’ouverture de nouveaux noms de domaines : avant de lancer un nouveau cycle, un bilan partagé et approfondi devra être mené sur la première vague d’ouverture. J’ai moi-même confié une mission au Conseil général de l’Economie pour définir une stratégie coordonnée des pouvoirs publics et des entreprises français en vue de cette deuxième phase.

Quelles sont vos propositions dans le cadre de la réforme de la gouvernance de l’ICANN ? Notamment pour faire en sorte que la voix des gouvernements soit mieux entendue et que l’organisation soit plus indépendante ?

L’ICANN est aujourd’hui une organisation basée en Californie, sous tutelle de fait des Etats-Unis, qui contrôle l’attribution des noms de domaine sur internet pour le monde entier. Cette situation n’est pas saine, peut induire des conflits d’intérêt, des distorsions de concurrence.

C’est pourquoi, la France réclame depuis plusieurs années, avec l’Union Européenne et de nombreux autres pays réunis au sein du GAC, que l’ICANN devienne une institution plus indépendante, avec une gouvernance gérée de manière multilatérale par la communauté mondiale des acteurs du net mais également des utilisateurs.

Barack Obama avait annoncé en mars 2014 la fin de la tutelle américaine pour septembre 2015 et nous sommes aujourd’hui très mobilisés pour que la réforme en cours de l’ICANN aboutisse, tout en préservant nos objectifs : si le gouvernement américain respecte sa promesse de retirer la tutelle qu’il exerce sur l’ICANN, ce sera un progrès significatif pour une gouvernance d’internet plus partagée.

Au-delà, il faut préserver la voix des gouvernements, au sein d’un modèle multi-acteurs qui est au fondement de la gouvernance d’internet. Ce modèle devra nécessairement se renouveler pour inclure les acteurs d’autres secteurs économiques que l’internet, et d’autres continents que l’Amérique du Nord.

Le numérique fait partie intégrante de l’économie. Au-delà de la défense des noms est posée la question du développement du secteur au travers d’Internet. Quelles seraient vos conseils au secteur viticole ?

Etre offensifs ! On l’a vu avec l’essor de géants du net comme Facebook, Amazon, Google etc. : dans l’économie numérique les premiers entrants, ceux qui qui parviennent à croitre rapidement pour dominer un marché globalisé, deviennent des acteurs incontournables, voire uniques dans leur domaine d’activité, selon le principe du Winner takes all !

Or, contrairement aux préjugés, l’agriculture et le numérique font très bon ménage : les deux tiers des agriculteurs, qui sont aussi et surtout des entrepreneurs, utilisent internet quotidiennement pour leur travail, et notamment pour consulter les services de météorologie et les cours de bourse. Les agriculteurs sont aussi accros aux réseaux sociaux que les autres catégories professionnelles.

Et l’innovation affecte l’ensemble des domaines et métiers agricoles, comme l’a montré le rapport « agriculture et innovation 2025 » qui m’a été remis récemment avec Stéphane le Foll et Thierry Mandon. La France a tous les atouts pour faire entrer l’agriculture dans la modernité, en termes de compétitivité bien sûr mais aussi de respect pour l’environnement.

En ce qui concerne la distribution de nos produits viticoles, l’enjeu est donc de se mettre rapidement à l’échelle d’un marché globalisé. Les acteurs doivent pouvoir se regrouper, afin de pouvoir investir massivement pour devenir rapidement des leaders mondiaux. Pourquoi la première marketplace viticole du monde ne serait-elle pas Française demain ? Nos vignobles ont une réputation internationale, ce sont des produits à haut potentiel dans une économie globalisée.

Au-delà de la distribution, il faut mobiliser l’ensemble de nos jeunes pousses de la French Tech pour qu’elles puissent, via leurs objets connectés et leurs réseaux de capteurs, collecter, transmettre et analyser de plus en plus de données très précises sur nos cultures viticoles. Cet enjeu des données est pour moi majeur : il est essentiel pour l’avenir de notre viticulture (et plus globalement pour l’avenir agricole de notre pays) de faire en sorte que les agriculteurs restent maitres de leurs données, et le Gouvernement appuiera les initiatives allant en ce sens.

Tuesday, November 24, 2015

Bernard Farges à l'Attention de Axelle Lemaire, sur le dossier ".vin"

Le 27 janvier prochain se déroule l’ouverture générale des extensions « .vin » et « .wine ».

Pendant plus de trois années, la CNAOC, la communauté mondiale du vin et les pouvoirs publics français et européens se sont mobilisés pour protéger les Indications Géographiques dans le cadre de ces nouvelles extensions. En 2015, un accord commercial privé a été signé entre le secteur du vin et Donuts, l’entreprise américaine en charge de la gestion de ces nouvelles extensions. Il permet de lutter contre le cybersquatting et la contrefaçon et permet d’éviter la confusion des noms. Cet accord est confidentiel.

Ce mardi 24 Novembre, Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au numérique en première ligne sur ce dossier aux cotés des vignerons est intervenue lors de l’Assemblée Générale de la CNAOC à Paris.

Le discours ci-dessous de Bernard Farges, Président de la CNAOC, revient sur les dossiers « .vin » et « .wine » et évoque également les suites concernant la protection de certains noms sur internet et l’avenir de la gouvernance mondiale de l’internet.

Discours Bernard FARGES:
  • Madame la Ministre,
  • Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs,
  • Madame la Directrice Générale,
  • Mesdames et Messieurs les Présidents,
  • Mesdames et Messieurs les Directeurs,
  • Mesdames, Messieurs, Chers Collègues, Chers Amis,
Madame la Ministre, un an s’est écoulé depuis votre venue devant cette même assemblée et beaucoup de choses se sont passées sur les dossiers .vin et .wine.

Ces deux nouvelles extensions ont fait l’objet d’une délégation par l’ICANN à la société américaine Donuts durant l’été 2015 et sont actuellement en période de lancement. C’est le 27 janvier 2016 qu’aura lieu l’ouverture générale, tout le monde pourra dès lors réserver un nom de domaine se terminant par .vin et .wine.

Heureusement et comme nous l’avions souhaité, des règles spécifiques ont été prévues pour une liste de noms. Je ne détaillerai pas ces règles parce que l’accord que nous avons signé avec Donuts est privé et confidentiel.

Ce que nous pouvons cependant dire, c’est que nous sommes globalement satisfaits des règles qui devraient s’appliquer pour cette liste de noms. L’accord devrait permettre en effet de lutter contre le cybersquatting, la contrefaçon et éviter la confusion. Mais nous tenons à répéter que cet accord ne porte que sur une liste de noms. Tous les autres noms obéiront aux règles générales prévues par l’ICANN, c’est-à-dire la règle du 1er arrivé, 1er servi. Soyons donc prudents lorsque nous communiquons sur ce sujet.

Achetez votre nom de domaine ".vin"
Cet accord a été obtenu dans la douleur après 3 années d’intenses discussions. C’est clairement une première victoire pour la communauté mondiale du vin qui a réussi à faire entendre ses préoccupations au sein de l’ICANN. Merci à nos amis vignerons américains et européens de s’être joints à ce combat légitime.

Cette victoire n’aurait cependant pas été possible sans une forte mobilisation à nos côtés des gouvernements et en particulier du gouvernement français et de notre Secrétaire d’Etat Axelle LEMAIRE. Nous savons à quel point vous avez été courageuse en vous déplaçant à Londres en juin 2014 pour exprimer avec beaucoup de détermination, courage et pugnacité votre opposition à une délégation sans condition des .vin et .wine face à une assemblée hostile et très éloignée dans sa culture de la protection de la propriété intellectuelle. Vous avez été d’autant plus courageuse que vous saviez que le point de vue des gouvernements n’est pris en compte que si le conseil d’administration de l’ICANN le veut bien et s’il y a consensus entre les gouvernements.

Nous tenions donc à vous remercier pour le rôle essentiel que vous avez joué avec les autres Etats membres de l’Union Européenne, la Commission et les Parlements européen et français. Je ne veux pas oublier dans mes remerciements les ministres de l’Agriculture, des Affaires étrangères et de l’Economie qui nous ont soutenus. Merci aussi aux parlementaires et aux élus du Vin de s’être mobilisés.

Pour autant Madame la Ministre, ce dossier et plus largement celui des noms de domaine et de la régulation de l’Internet posent encore beaucoup de question.

L’accord que nous avons signé est un accord commercial. Il est le fruit d’un compromis. Nous veillerons à ce qu’il soit respecté dans sa lettre mais aussi dans son esprit. Nous n’hésiterons pas à prendre encore à témoin si nécessaire l’opinion publique et les gouvernements si nous constatons des dérives.

Plusieurs grandes questions restent posées pour nous:
Tout d’abord celles de la protection d’un certain nombre de noms. Cette protection ne doit pas seulement s’appliquer pour une extension ou 2 comme .vin et .wine mais pour toutes les extensions.

Ensuite les noms qui sont réservés visent uniquement notre secteur. D’autres noms méritent la même protection. Nos amis du secteur des fromages commencent à comprendre que la protection des noms est aussi un enjeu pour eux. Aujourd’hui avec une extension comme .food qui ne prévoit aucune règle de protection en dehors des marques et qui pourrait donc autoriser la vente d’un nom de domaine comme www.comte.food à n’importe qui pour vendre n’importe quoi. Et demain avec une extension comme .cheeese ?

Notre 3ème question est en lien avec le prochain cycle d’ouverture qui serait prévu vers 2018, 2019. Nous pensons qu’il est prématuré de procéder à un nouveau cycle d’ouverture. Ce sont déjà plus de 1 000 nouveaux noms de domaine qui vont voir le jour sur Internet. Que pourrons-nous faire ? Nous protéger en négociant autant d’accord privé qu’il y a de nouveaux noms de domaine ? Impossible. Réserver et donc payer une quantité infinie de noms de domaine pour empêcher le cybersquatting et ou une mauvaise utilisation de nos noms ? Impossible. Créer de nouvelles extensions pour définir nos propres règles ? Cela n’empêchera pas les gens malhonnêtes d’utiliser abusivement nos noms sur les autres noms de domaine et nous serons donc toujours contraints de payer beaucoup pour nous protéger un peu.

Enfin la question du statut de l’ICANN. Le gouvernement américain a décidé de reporter la réforme qui doit donner une plus grande indépendance à l’ICANN. Nous avons constaté en 3 ans le mélange des genres et la proximité entre l’ICANN et l’industrie des noms de domaine. Nous avons aussi constaté que les intérêts de l’industrie prévalaient souvent sur ceux des citoyens. Ce n’est pas normal. Nous demandons nous aussi une réforme de l’ICANN qui lui donne plus d’indépendance, qui l’oblige à plus de transparence et de responsabilité.

Encore merci Madame la Ministre. Mais vous l’aurez compris, nous avons encore besoin de vous.

Tuesday, July 8, 2014

Dans Le JDnet, Jean Guillon critique ouvertement la position du Gouvernement sur le .wine et .vin

Wednesday, June 11, 2014

Paris craint les adresses internet “.VIN”

Trois ministres ont interpellé Bruxelles sur le projet d’attribution de certains noms de domaine qui pourraient porter préjudice aux viticulteurs.

Les ministres français appellent plus largement Bruxelles à passer à l’offensive pour permettre une réforme de la gouvernance de l’Icann, organisme de régulation qui a son siège en Californie et relève à ce titre, en dernière instance, du département du Commerce américain.

A lire sur gTLD.club

Tuesday, April 1, 2014

Ouverture du « .vin » et « .wine » sur internet : 6 questions pour bien comprendre les enjeux

Pourquoi l’ouverture du « .vin » et du « .wine » pose problème ?

Ces nouveaux noms de domaine peuvent être source de développement économique pour le secteur vitivinicole, dont une partie du chiffre d’affaires est réalisée via Internet, tendance qui devrait s’accroître à l’avenir. Problème : les trois sociétés candidates à l’exploitation du « .vin » et « .wine » ont indiqué qu’elles vendraient les noms de domaine de second niveau aux enchères, sans se soucier de la protection des IG. Par conséquent, n’importe quelle entreprise ou individu pourra acheter un nom de second niveau correspondant à une appellation, par exemple « beaujolais.wine », et proposer à la vente des produits qui n’ont rien à voir avec l’appellation en question, voir avec du vin. Les risques concernent au premier chef les consommateurs (tromperies sur la marchandise), mais aussi les producteurs (risques de détournement de notoriété des appellations d’origine, voire même de cybersquatting). Certains noms de domaine pourraient même être achetés à des fins spéculatives.
La suite sur gTLD.club: http://gtld.club/2014/04/01/ouverture-du-vin-et-wine-sur-internet-6-questions-pour-bien-comprendre-les-enjeux/.

Pré-enregistrez votre nom de domaine .VIN

Tuesday, November 26, 2013

.WINE & .VIN : communiqué de presse de la CNAOC

Lors de la dernière session de l’ICANN à Buenos Aires du 17 au 21 novembre, les « .vin » et « .wine » ont été à nouveau au centre des discussions. Les gouvernements sont divisés sur la question de la protection des indications géographiques (IG) et ont demandé à l’ICANN de recourir à une expertise juridique. En parallèle, les discussions entre les sociétés candidates et le secteur se sont enfin engagées à Buenos Aires. EFOW et la CNAOC demandent à l’ICANN de ne pas déléguer en l’état ces 2 nouveaux noms de domaine et d’inciter les candidats à proposer des solutions concrètes.

34 Etats contre 3 : un rapport de force déséquilibré 

Depuis plusieurs mois un nombre croissant de gouvernements réunis au sein du GAC (instance consultative au sein de l’ICANN dans laquelle siègent les gouvernements) demande à l’ICANN (organisation en charge de l’attribution et la gestion des noms de domaines sur internet) de ne pas déléguer les « .vin » et « .wine » tant que les dossiers de candidature ne prévoiront des mesures de protection des IG. L’ICANN, depuis le mois d’août, incite le secteur du vin et les sociétés candidates à trouver un accord en vue d’une décision finale à Buenos Aires. Les « .vin » et « .wine » ont été au centre des discussions du GAC à Buenos Aires. Ils ont été discutés dans un climat de tension entre les européens et les américains sur la gouvernance de l’internet et le fonctionnement de l’ICANN. D’un coté, une coalition de 34 pays emmenée par l’Union Européenne et suivie par les pays d’Amérique Latine et d’Afrique plaidait pour une prise en compte des IG. De l’autre, 3 pays, dont les Etats-Unis soutenaient que les « .vin » et « .wine » pouvaient être délégués en l’état. Après d’intenses négociations, les membres du GAC se sont mis d’accord pour demander à l’ICANN de recourir à une expertise juridique afin d’éclairer le débat et pouvoir ainsi mieux juger des suites à y donner.

Un dossier emblématique pour un meilleur fonctionnement de l’Internet

L’Union Européenne, qui défend une association plus étroite des parties prenantes à l’ouverture des noms de domaine, espère que le dialogue engagé entre le secteur et les candidats aboutira. Il est à relever que pour la première fois en 4 mois, des discussions constructives entre certains candidats et les producteurs de vins ont été engagées à Buenos Aires. Il reste maintenant à ces sociétés à proposer, comme d’autres l’ont fait par exemple sur le « .bio », une solution permettant de protéger les IG. « Nous rappelons que ces nouveaux noms de domaines représentent une belle opportunité pour notre secteur si et seulement si les sociétés candidates protègent nos IG. Nous sommes prêts à soutenir et à faire la promotion de ces noms de domaine si nos noms y seront protégés. Quelle que soit la décision que prendra l’ICANN, le succès de ces noms de domaine repose en grande partie sur le secteur européen et ses opérateurs. C’est pourquoi nous privilégions aujourd’hui une approche gagnant-gagnant et espérons qu’il en est autant des candidats » déclarent Riccardo RICCI CURBASTRO et Bernard FARGES, président de d’EFOW et de la CNAOC. Les 2 présidents restent cependant vigilants, « nous appelons la Commission Européenne et les 34 Etats membres à tenir bons dans leur position. Nous jugerons aux actes et verrons si le nouveau modèle de la gouvernance Internet appelé de ses vœux par la Commissaire Neelie KROES et l’Union Européenne commence à devenir une réalité ou pas ». La prochaine session de l’ICANN aura lieu à Singapore en mars 2014.

Rappel du contexte:
L'attribution de noms de domaine de premier niveau ".vin" et ".wine" par l'Icann soulève de vifs débats dans le secteur du vin. Les producteurs de vins d'origine reprochent en effet aux 3 candidats de ne prévoir aucune règle de protection des noms des vins pour la vente de noms de domaine de second niveau (ex "bordeaux.vin"; "rioja.wine"; "chianti.wine" etc). Ils dénoncent les risques que cela ferait peser sur le consommateur (tromperie avec la vente sur des sites comportant des noms d’appellation de produits n'ayant aucun lien avec la région, détournement de notoriété avec l’utilisation des noms de grands vins, contrefaçon etc) et sur les opérateurs du secteur (racket avec rachat de noms de domaine). Le débat plus large qui est posé est celui du respect de la propriété intellectuelle sur Internet.

Contact Presse.

Monday, September 16, 2013

Bataille sur les .vin et .wine : la Commission européenne hausse le ton

Communiqué de Presse CNAOC EFOW sur le ".vin" et le ".wine"
Le dossier de l’attribution des noms de domaine « .vin » et «.wine » continue. La Commission Européenne a décidé de hausser le ton auprès de l’ICANN. Elle vient de prendre deux initiatives fortes sur le sujet. La Commissaire européenne chargée du numérique Neelie Kroes a transmis un courrier à l’ICANN pour l’exhorter à ne pas déléguer le «.vin » et « .wine » en l’absence de consensus. Par ailleurs, une rencontre entre Neelie Kroes et le Président de l’ICANN aura lieu aujourd’hui même pour évoquer ce sujet.

Vous trouverez donc ci-dessous, un communique de presse commun de la Confédération Nationale des producteurs de Vin et eaux-de-vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlée (CNAOC) et EFOW, la Fédération Européenne des vins d’origine sur ce sujet.

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Face à l’absence de progrès dans les discussions sur les .vin et .wine et à la veille d’une décision de l’ICANN, la Commission Européenne a décidé de hausser le ton. Elle vient de prendre deux initiatives fortes sur le sujet. Tout d’abord un courrier adressé le 12 septembre à l’ICANN dans lequel la Commissaire européenne chargée du Numérique, Neelie KROES, demande à l’ICANN de ne pas déléguer les .vin et .wine. Ensuite une rencontre ce lundi 16 septembre entre Neelie KROES et le président de l’ICANN. L’exécutif européen va jusqu’à laisser entendre que ses relations avec l’institution mondiale dépendront de l’issue de ce dossier.

La création de nouveaux noms de domaine de premier niveau (actuellement « .com » ou « .fr ») provoque de vifs débats. Notamment dans le secteur du vin puisque se pose à cette occasion la question de l’encadrement de ces noms de domaine et la protection des indications géographiques. Le secteur européen du vin dénonce depuis plusieurs mois les risques de tromperie du consommateur, contrefaçon, détournement de notoriété et cybersquatting. C’est au tour de la Commission européenne de faire entendre sa voix et de tenter de peser sur la décision de l’ICANN. La Commissaire chargée du Numérique a fait connaître la position de la Commission dans une lettre adressée aux dirigeants de l’ICANN le 12 septembre dernier.
Nelly KROES constate que les tentatives de dialogue engagées par le secteur du vin auprès des candidats pour trouver des solutions ont échoué. Compte tenu des « implications juridiques, de la sensibilité politique et des intérêts économiques en jeu », la Commission demande aux dirigeants de l’ICANN de ne pas déléguer les « .vin » et « .wine » tant que n’auront pas été prévues des règles permettant de protéger les indications géographiques.
Nelly KROES les appelle à coopérer et laisse entendre qu’il en va de la crédibilité de l’Institution. La Commissaire doit rencontrer ce lundi 16 septembre le président de l’ICANN pour lui expliquer de vive voix la position de l’Union Européenne.

Les organisations professionnelles européennes et nationales de défense des vins d’origine, EFOW et la CNAOC, se félicitent de ce message très clair envoyé par la Commission. Les présidents d’EFOW et de la CNAOC, Riccardo RICCI CURBASTRO et Bernard FARGES déclarent : « Désormais l’ICANN et les candidats doivent savoir qu’ils ont désormais en face d’eux un front uni de l’Union européenne. Ils ont encore toutes les cartes entre les mains. Soit ils font enfin des efforts pour examiner les solutions que nous leur avons proposées et dialoguent avec nous et alors les .vin et .wine pourraient voir le jour. Soit ils s’entêtent et continuent de nous ignorer, ils porteront alors la responsabilité de l’échec de ces dossiers ».
« Nous répétons que nous sommes prêts à soutenir les dossiers qui permettront d’assurer la protection des noms de nos vins ». Les deux organisations rappellent comme la Commission qu’elles sont prêtes à envisager toutes les actions pour empêcher la délégation en l’état des .vin et .wine.

Rappel du contexte :
L'attribution de noms de domaine de premier niveau ".vin" et ".wine" par l'Icann soulève de vifs débats dans le secteur du vin. Les producteurs de vins d'origine reprochent en effet aux 3 candidats de ne prévoir aucune règle de protection des noms des vins pour la vente de noms de domaine de second niveau (ex  bordeaux.vin"; "rioja.wine"; "chianti.wine" etc). Ils dénoncent les risques que cela ferait peser sur le consommateur (tromperie avec la vente sur des sites comportant des noms d’appellation de vins n'ayant aucun lien avec la région, détournement de notoriété avec utilisation des noms de grands vins, contrefaçon etc) et sur les opérateurs du secteur (racket avec rachat de noms de domaine). Le débat plus large qui est
posé est celui du respect de la propriété intellectuelle sur Internet.
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Qui donc aura le dernier mot? :-)

Friday, July 19, 2013

Bataille des noms de domaines sur Internet ".vin" ".wine", un mois pour s’entendre

La réunion de l’ICANN, organisme en charge de la gestion des noms de domaine sur Internet, s’est terminée le 18 juillet à Durban. Le programme d’extension des noms de domaines se poursuit. Les discussions sur les dossiers « .vin » et « .wine » ont été très vives. L’ICANN a donné un mois au secteur viticole et aux candidats pour s’entendre.


L’extension des noms de domaine soulève de vives inquiétudes dans le secteur du vin. Lors de la dernière réunion de l’ICANN à Pékin, le GAC (instance consultative au sein de l’ICANN dans laquelle siègent les gouvernements) avait décidé de surseoir à la décision d’attribuer des extensions sur plusieurs noms de domaines, dont le dossier « .vin » et « .wine ». A Durban, les discussions au sein du GAC sur ce dossier ont été très tendues entre les américains et les européens, deux conceptions radicalement opposées se sont affrontées. Au final, le GAC a réussi à déboucher sur un compromis : un délai de 30 jours est donné au secteur viticole et aux candidats pour s’entendre.

La CNAOC et la Fédération européenne des vins à appellation d’origine (EFOW) se félicitent que la décision d’extension des noms de domaines « .vin » et « .wine » ait été reportée. Les deux fédérations regrettent cependant que le délai d’un mois soit très court : « Nous avons informé les sociétés candidates aux extensions de notre souhait de trouver une solution et avons des propositions précises à leur faire. Ces propositions sont raisonnables et permettraient de concilier développement d’Internet et respect des appellations d’origine. Nous espérons que les candidats sont ouverts au dialogue et à la recherche d’une solution » ont déclaré Bernard FARGES et Riccardo RICCI CURBASTRO Présidents de la CNAOC et d’EFOW. 

Les deux organisations annoncent que si elles n’ont pas satisfaction « nous appellerons tous les opérateurs du secteur dans l’Union européenne à boycotter ces noms de domaine. L’Union européenne représente près de 65 % du marché mondial du vin ; un boycott massif remettrait en cause le modèle économique porté par les sociétés candidates à ces extensions. Il jetterait aussi le discrédit sur la politique conduite par les dirigeants de l’ICANN. Comme le droit nous y autorise, nous demanderons aussi aux tribunaux de radier tous les noms de domaine portant atteinte à la réputation de nos appellations d’origine ».

Les organisations veulent rester optimistes : « Nous mettrons tout notre poids dans la balance pour soutenir le ou les dossiers prévoyant des procédures assurant le respect des indications géographiques et pour en faire la promotion auprès des opérateurs ».

Contexte

L’ICANN, organisme en charge de la gestion des noms de domaine sur Internet, a décidé d’ouvrir les noms de domaines génériques de premier niveau. Près de 2000 dossiers ont été déposés dont 4 sont liés au secteur du vin (1 dossier « .vin » et 3 dossiers « .wine »). Les candidats qui n’ont aucun lien avec le secteur ont annoncé leur intention de vendre aux plus offrants les noms de domaines de second niveau (exemple bordeaux.vin, chianti.wine, etc.). Le secteur européen du vin appuyé par plusieurs gouvernements et la Commission européenne, manifeste depuis plusieurs mois sa très vive inquiétude sur l’absence de règle imposant le respect des droits de propriété intellectuelle et des appellations d’origine en particulier. Les risques sont pour le consommateur d’accéder à des sites comportant le nom d’une appellation d’origine et d’acheter des vins n’ayant aucun lien avec cette appellation d’origine voire des contrefaçons. Les conséquences pour les producteurs pourraient être catastrophiques : cybersquatting, détournement de la notoriété et atteinte à la réputation.

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