Monday, September 16, 2013

Bataille sur les .vin et .wine : la Commission européenne hausse le ton

Communiqué de Presse CNAOC EFOW sur le ".vin" et le ".wine"
Le dossier de l’attribution des noms de domaine « .vin » et «.wine » continue. La Commission Européenne a décidé de hausser le ton auprès de l’ICANN. Elle vient de prendre deux initiatives fortes sur le sujet. La Commissaire européenne chargée du numérique Neelie Kroes a transmis un courrier à l’ICANN pour l’exhorter à ne pas déléguer le «.vin » et « .wine » en l’absence de consensus. Par ailleurs, une rencontre entre Neelie Kroes et le Président de l’ICANN aura lieu aujourd’hui même pour évoquer ce sujet.

Vous trouverez donc ci-dessous, un communique de presse commun de la Confédération Nationale des producteurs de Vin et eaux-de-vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlée (CNAOC) et EFOW, la Fédération Européenne des vins d’origine sur ce sujet.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Face à l’absence de progrès dans les discussions sur les .vin et .wine et à la veille d’une décision de l’ICANN, la Commission Européenne a décidé de hausser le ton. Elle vient de prendre deux initiatives fortes sur le sujet. Tout d’abord un courrier adressé le 12 septembre à l’ICANN dans lequel la Commissaire européenne chargée du Numérique, Neelie KROES, demande à l’ICANN de ne pas déléguer les .vin et .wine. Ensuite une rencontre ce lundi 16 septembre entre Neelie KROES et le président de l’ICANN. L’exécutif européen va jusqu’à laisser entendre que ses relations avec l’institution mondiale dépendront de l’issue de ce dossier.

La création de nouveaux noms de domaine de premier niveau (actuellement « .com » ou « .fr ») provoque de vifs débats. Notamment dans le secteur du vin puisque se pose à cette occasion la question de l’encadrement de ces noms de domaine et la protection des indications géographiques. Le secteur européen du vin dénonce depuis plusieurs mois les risques de tromperie du consommateur, contrefaçon, détournement de notoriété et cybersquatting. C’est au tour de la Commission européenne de faire entendre sa voix et de tenter de peser sur la décision de l’ICANN. La Commissaire chargée du Numérique a fait connaître la position de la Commission dans une lettre adressée aux dirigeants de l’ICANN le 12 septembre dernier.
Nelly KROES constate que les tentatives de dialogue engagées par le secteur du vin auprès des candidats pour trouver des solutions ont échoué. Compte tenu des « implications juridiques, de la sensibilité politique et des intérêts économiques en jeu », la Commission demande aux dirigeants de l’ICANN de ne pas déléguer les « .vin » et « .wine » tant que n’auront pas été prévues des règles permettant de protéger les indications géographiques.
Nelly KROES les appelle à coopérer et laisse entendre qu’il en va de la crédibilité de l’Institution. La Commissaire doit rencontrer ce lundi 16 septembre le président de l’ICANN pour lui expliquer de vive voix la position de l’Union Européenne.

Les organisations professionnelles européennes et nationales de défense des vins d’origine, EFOW et la CNAOC, se félicitent de ce message très clair envoyé par la Commission. Les présidents d’EFOW et de la CNAOC, Riccardo RICCI CURBASTRO et Bernard FARGES déclarent : « Désormais l’ICANN et les candidats doivent savoir qu’ils ont désormais en face d’eux un front uni de l’Union européenne. Ils ont encore toutes les cartes entre les mains. Soit ils font enfin des efforts pour examiner les solutions que nous leur avons proposées et dialoguent avec nous et alors les .vin et .wine pourraient voir le jour. Soit ils s’entêtent et continuent de nous ignorer, ils porteront alors la responsabilité de l’échec de ces dossiers ».
« Nous répétons que nous sommes prêts à soutenir les dossiers qui permettront d’assurer la protection des noms de nos vins ». Les deux organisations rappellent comme la Commission qu’elles sont prêtes à envisager toutes les actions pour empêcher la délégation en l’état des .vin et .wine.

Rappel du contexte :
L'attribution de noms de domaine de premier niveau ".vin" et ".wine" par l'Icann soulève de vifs débats dans le secteur du vin. Les producteurs de vins d'origine reprochent en effet aux 3 candidats de ne prévoir aucune règle de protection des noms des vins pour la vente de noms de domaine de second niveau (ex  bordeaux.vin"; "rioja.wine"; "chianti.wine" etc). Ils dénoncent les risques que cela ferait peser sur le consommateur (tromperie avec la vente sur des sites comportant des noms d’appellation de vins n'ayant aucun lien avec la région, détournement de notoriété avec utilisation des noms de grands vins, contrefaçon etc) et sur les opérateurs du secteur (racket avec rachat de noms de domaine). Le débat plus large qui est
posé est celui du respect de la propriété intellectuelle sur Internet.
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Qui donc aura le dernier mot? :-)

.WINE & .VIN : VICE-PRESIDENT OF THE EUROPEAN COMMISSION to ICANN

This is the very straightforward letter sent by the Vice President of the European Commission yo ICANN about .wine and .vin new gTLDs.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
The EU has welcomed on a number of occasions the applications of the two new gTLDs .wine and .vin as a possibility to have a reliable and safe place on the internet for consumers, right holders of Geographical indications (GI) and producers of wine. We have also stressed the importance that GIs are sufficiently protected under the new gTLDs. Consequently, the European Commission and the major wine producing EU Member States have invested much in GAC to establish safeguards which would allow ICANN to delegate the two new gTLDs in a safe maimer, both for GI right holders and consumers.

At the Beijing meeting, the EU pointed out that the more general safeguards agreed in Annex I of the Communiqué were not sufficient and suggested a limited number of specific safeguards for the two strings. The European Commission was obviously open to negotiate these safeguards with other GAC members, although to a large extent they were to be considered as minimal to achieve the objective they aim to pursue. However, the proposed safeguards were rejected by a few GAC members and it was therefore concluded, in consensus, that further considerations were needed and that, in the meantime, the Board should be advised not to proceed beyond initial evaluation.

After Beijing, much in the spirit of ICANN's multi-stakeholder approach, the European Commission
encouraged organisations representing right holders of GIs to contact the applicants in order to come
to an agreeable solution. The European Federation of Origin Wines (EFOW), contacted the applicants with a concrete proposal, to which unfortunately, they only at a later stage got elusive answers. At the Durban meeting, despite the European Commission's assurance that we were taking appropriate measures to find a solution, the EU and other GAC members were forced to accept a timespan of thirty days in "a view to conclude on the matter".

During this thirty day period, the European Commission and the EU Member States have again made substantial efforts to explain the legal implications, the political sensitivities and the economic interest at stake. Similar concerns have also been expressed to you directly, not only from International and European organisations but also from GI right holders in the USA. We also suggested a way forward, including safeguards which puts GIs on equal footing with trademarks and copyrights in the advice, and suggests a number of precautionary measures allowing GI right holders a certain insight in the registration policies.

Although some of the GAC members seem to believe that the applications for .wine and .vin should proceed, I would like to recall that there has not been any consensus decision overruling the advice given in Beijing. We are therefore of the firm opinion that the advice provided at the GAC April meeting stands as long as there is no new consensus on the matter.

Furthermore, our position on substance also remains firm; under no circumstance can we agree having .wine and .vin on the internet, without sufficient safeguards which efficiently protect the rights and interest of both GI right holders and consumers of wine and wine products. The more general safeguards expressed in Annex 1 of the Beijing Communiqué are not specific enough to allow companies unrelated to the wine sector, and therefore not acquainted with the specificities of the global wine market and the importance of GIs, to run the two strings in a safe manner. I think the Public Interest Commitments accompanying the applications illustrate this very well.

If serious negotiations can start between the two parties, I am confident that the discussions between the GI right holder organisations and the applicants will result in an agreement which, in line with applicable law in the EU, can actually establish a safe space for the GI right holders and consumers. Until such agreement has been concluded, I expect that ICANN does not go beyond the initial evaluation of the two strings .vin and .wine.

In this context, I would also welcome a substantial discussion between our services on how ICANN will ensure that GIs will be treated equally to other intellectual property rights, not least within the Trade mark clearing house. 

I am looking forward to your full cooperation on this highly sensitive issue, crucial for our trust in the well-functioning of ICANN and the multi-stakeholder approach to internet governance.
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Who will have the last word?

New gTLD Reports are updated once a month: CLICK HERE !